Un pèlerinage en Inde

Faire un pèlerinage en Inde est quelque chose dont je rêvais depuis longtemps, et qui vient de se concrétiser.
L’Inde est un pays fascinant aux multiples facettes, mais ce qui m’attirait avant tout, c’était de prendre contact avec sa spiritualité millénaire, et d’aller à la rencontre des enseignements anciens qui sont à l’origine du yoga.

Un pèlerinage est une pratique spirituelle qui, par les enseignements dispensés, les défis que les pèlerins rencontrent à chaque jour, stimule une ouverture intérieure. En cheminant dans ces montagnes vénérées, fréquentées par d’innombrables saints, moines et pèlerins, en regardant les mêmes levers de soleil, je voulais me rapprocher, ne serait-ce que d’un pas, de ma propre vérité.

J’ai eu la chance de partager cette expérience avec un groupe de gens très intéressants, plusieurs étant des adeptes avancés de yoga et enseignants. À cet égard, même si je pratique le yoga depuis 15 ans, j’étais leur benjamine et j’ai bénéficié à plusieurs reprises de leurs connaissances.

 

Notre guide et organisateur fut Atmaram (en chemise rouge ci-dessus), lui-même un enseignant apprécié et très expérimenté.
https://www.facebook.com/AtmabalaYoga/

Attentif, dosant bien les défis et les moments de détente, il a dirigé notre parcours tant intérieur qu’extérieur à la ville comme sur le tapis de yoga. Grâce à lui, nous avons eu la chance de faire connaissance avec des lieux et des gens remarquables qu’il avait fréquentés lors de pèlerinages avec son maître, Swami Vishnudevananda, lui-même un disciple de Swami Sivananda.

http://www.sivananda.org/montreal/

 

La route peut-être longue et difficile, mais des plaines de Delhi aux montagnes des Himalayas, elle s’élève progressivement vers des paysages magnifiques, un air pur et une lumière radieuse.

 

 

 

 

 

 

Nous avons puisé l’eau du Gange, mais nous avons surtout abreuvé notre esprit de limpidité et fait briller le meilleur de nous-mêmes. Notre courage a grandi, et parmi les éclats de rires, des amitiés ont fleuri.

 

 

 

 

Ne sommes-nous pas tous des pèlerins sur cette terre? Notre vie peut devenir un périple de découverte et de réalisation de soi. Chaque pas peut nous y conduire et pour mes compagnons et moi, ce pèlerinage balisera les sentiers à venir.

 
Photo principale: Rishikesh: la ville de pèlerinage est sise aux pieds des montagnes de l’Himalaya d’où coulent les eaux sacrées du Gange.Photo
Photo 2: Notre groupe en compagnie de Swami Hariomananda, dont l’enseignement était ponctué d’humour. Photo Plamena Stoyanova
Photos Louise Jalbert, ( sauf #2), « Pèlerinage en Inde », 2018

Devant un tableau de Joan Mitchell

Dans cette deuxième partie, je poursuis la série de photos prises lors de l’exposition « Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure », avec les tableaux de Joan Mitchell.

Devant un tableau de Joan Mitchell, on peut ressentir une énergie brute, passionnée, furieuse même, qui cohabite avec une grande finesse, voir un lyrisme qui ne se détecte pas du premier coup d’oeil. Au-delà de l’expression d’un paysage, j’y vois le jaillissement d’un état d’âme tumultueux, à la fois tendre et déchiré, qui s’exprime vivement, mais non sans nuances.

Comme l’a justement remarqué une amie, le dynamisme dans le tableau ci-dessus est d’une telle force, qu’il offre un contraste frappant avec la position immobile et l’attitude attentive de la personne qui le regarde.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Mitchell
http://joanmitchellfoundation.org

 

Dans le détail de l’oeuvre ci-contre, on peut voir les forces en jeu dans l’oeuvre de Mitchell: couleurs délicates utilisées en transparences, suggérant une profondeur immatérielle, mises en opposition avec une utilisation gestuelle véhémente de la pâte picturale qui nous ramène à sa matérialité.

 

Mitchell utilise le blanc de la toile pour faire vibrer des espaces colorés qui vont de la fine couche transparente à la l’utilisation en épaisseur de la peinture à l’huile.
Ci-dessus, les silhouettes des jeunes filles semblent compléter la série de taches sombres du tableau qu’elles regardent.    

 

 

Je ne peux conclure sans mentionner cette dernière oeuvre de Jean-Paul Riopelle, véritable testament artistique qui les réunit tous les deux.

En novembre 1992, apprenant le décès de Joan Mitchell, Riopelle exécuta « L’hommage à Rosa Luxembourg », vibrante fresque de 30 tableaux maintenant accrochée dans le corridor qui relie le musée national des beaux-arts de Québec au pavillon Pierre Lassonde où se tenait l’exposition.

https://www.mnbaq.org/exposition/jean-paul-riopelle-1213

Les photos ont été prises lors de l’exposition « Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure », qui a eu lieu au musée national des Beaux-Arts de Québec, du 12 octobre 2017 au 7 janvier 2018.
Cette exposition était la première à étudier la relation de couple et de collègues entre Mitchell et Riopelle, et l’influence de celle-ci sur leurs oeuvres respectives.
https://www.mnbaq.org/exposition/mitchell-riopelle-1252
Photo principale: Dame en rouge devant : « Un jardin pour Audrey », 1974, Huile sur toile, dyptique, Fondation Joan Mitchell
Photo 2: Joan Mitchell, Sans titre (détail), 1961, Huile sur toile, Joan Mitchell Foundation, New York
Photo 3: Visiteurs devant : Jean-Paul Riopelle, Hommage à Rosa Luxembourg, 1992. Acrylique et peinture en aérosol sur toile, 155 x 1 424 cm (1er élément); 155 x 1 247 cm (2e élément); 155 x 1 368 cm (3e élément), Coll. MNBAQ. Don de l’artiste. 
Photos: Louise Jalbert

Muses dans les musées: Exposition Mitchell/Riopelle, 1ere partie

Muses dans les musées est une série de photos prises dans les musées où je croque sur le vif les visiteurs, dans leur relation avec les oeuvres d’art. Dans cette première partie, les gens observent les oeuvres de Jean-Paul Riopelle.

https://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Riopelle

 

 

Je m’intéresse à leur attitude, presqu’immobile, souvent studieuse ou contemplative face à l’oeuvre qu’ils regardent. Un moment où le temps semble suspendu.

Mais le temps ne reste pas suspendu longtemps et je trouve passionnant de capter dans la rapidité de l’instant une composition qui se fait et se défait sous mes yeux. Que ce soit un rapport de couleur…

 

 

 

 

 

 

…ou un rapport de surfaces, comme ici celles des manteaux et des chevelures sombres qui contrastent avec la gestualité et la matière de la peinture.

 

 

 

 

 

 

Parfois, les gens ont l’air de sortir tout droit du tableau: les vêtements noirs du visiteur donnent l’impression de s’y fondre ou d’en être la continuation, comme une métaphore de sa contemplation.

 

 

 

 

Les photos ont été prises lors de l’exposition « Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure », qui a eu lieu au musée national des Beaux-Arts de Québec, du 12 octobre 2017 au 7 janvier 2018.
Cette exposition était la première à étudier la relation de couple et de collègues entre Mitchell et Riopelle, et l’influence de celle-ci sur leurs oeuvres respectives.

https://www.mnbaq.org/exposition/mitchell-riopelle-1252

Mai

« Plus le degré de connaissance s’affine, plus le rapport avec le monde naturel s’élabore ».

Le XIVe dalaï-lama

 

Louise Jalbert, « Le cerisier en fleurs », 2013, Aquarelle sur papier sur papier, 56 x 76 cm

Le vent

Si vous étiez une force de la nature, laquelle seriez-vous?

Cette question m’a été posée récemment, et elle continue de résonner en moi, stimulant mon imaginaire.

Aujourd’hui, je serais le vent.

Le vent crée du mouvement, il fait bouger les choses. Il guide la trajectoire des oiseaux; il distribue les semences, fertilisant la terre.

C’est le vent qui chasse les nuages et permet au soleil de revenir enfin, et qui les ramène pour que nous ayons de la pluie.

Dans l’atelier aussi, il y a du mouvement: un air frais se fait sentir alors que je circule d’une idée à l’autre, d’une oeuvre récente à une autre plus ancienne.

Le tableau ci-dessus était resté en ébauche. Je l’ai repris cette semaine avec un regard neuf. Il n’est pas encore achevé, mais je pense bien lui avoir redonné un nouveau souffle.

Er vous? Si vous étiez une force de la nature, laquelle seriez-vous?

Louise Jalbert, « Feuillage dans le pommier », Travail en cours, 2013-2018, Huile sur toile, 76 x 76 cm

Le rythme et la couleur

Voilà deux composantes essentielles dans mon travail; et comme je veux leur donner plus d’importance, je me concentre sur elles en ce moment.
Isoler les composantes, c’est comme manger une orange un quartier à la fois: c’est plus facile et digeste…

J’ai expérimenté sur de la toile libre avec différents formats et matériaux pour voir ce qui se rapproche le mieux de ma vision.

En n’utilisant qu’une ou deux couleurs, des gestes spontanés et de larges pinceaux, je suis arrivée à un résultat étonnant, frais et dynamique.

J’y vois un belle leçon de simplicité, à retenir. Mais je veux y ajouter du contraste et plus de complexité.

Quelle sera la prochaine étape? Elle sera dans cette direction, en réunissant plus de rythmes et couleurs sur un même surface.

Où cela mène-t-il? J’ai une petite idée, mais rester à l’affut de ce qui se présente fait aussi partie de l’aventure.

Louise Jalbert, Essais techniques, 2018:
Rythmes de bleus en bandes, huile et acrylique sur toile, 86 x 93 cm
Rythmes verticaux et horizontaux en mouvement, huile sur toile, 63 x 76 cm
Essais de feuillage jaune, acrylique sur toile, 57 x 72 cm
Essai de ciel bleu, acrylique sur papier toilé, 51 x 40 cm

C’est un peu échevelé, ça commence bien.

J’ai mis de côté les gouaches d’hiver et je veux maintenant travailler plus grand. L’esquisse à l’huile ci-dessus est un peu échevelée; je cherche de nouvelles formes d’expression, et je n’y suis pas encore.

Avec le beau temps qui s’en vient, je vais reprendre l’aquarelle et ma vision de la nature comme une grande tapisserie. Vision que j’aimerais aussi transposer en grand format.

Alors je fais des essais à l’huile et à l’acrylique pour voir laquelle de ces techniques me servira le mieux.

Nulle technique n’est plus sensuelle que la peinture à l’huile à mon avis: la matière est moelleuse, les couleurs intenses. J’utilise une grande plaque de verre comme palette: c’est idéal pour mélanger les couleurs et facile à nettoyer. Son odeur m’enivre comme un parfum… intoxiquant!

Le processus de la peinture est toujours une aventure, qui se fait pas à pas sans toujours savoir quel sera le résultat. Mais il y a toujours une avancée.

 

Et c’est à suivre!

 

Louise Jalbert, « Branches », étude, 2018, Huile sur toile, 63 x 80 cm

Entre-deux

Maintenant que le printemps est enfin arrivé, nous voici à ce moment particulier où après avoir beaucoup attendu, nous le regardons aussi beaucoup venir.

C’est toujours ainsi que ça se passe au Québec: il y a un entre-deux, entre l’hiver et le printemps, entre les bancs de neige qui fondent et la nouvelle saison qui est dans l’air, mais pas encore évidente, du moins à nos yeux.

On dirait que la nature elle-même retient son souffle, aussi excitée que nous à l’approche du renouveau.

La lumière est l’attrait principal; elle est de retour en force, crue et libre d’éblouir tout sur son passage. Il n’y a pas encore de feuilles dans les arbres pour la filtrer et la neige au sol lui sert de miroir.

C’est un temps où tout est en puissance, à venir dans un grand éclatement de vie renouvelée.
Un entre-deux, indéfini, suspendu, avant le grand bond en avant.

 

Louise Jalbert, « Début de printemps », 2018, Gouache sur papier, 20 x 25 cm