Voilà déjà un an

…que cette info-lettre a vu le jour, j’en suis toute étonnée mais surtout reconnaissante.

Bien que pour vous, lecteurs francophones, l’aventure ait débuté un peu plus tard, tout a commencé un jour en juillet avec ce dessin et l’envie de vous apporter un moment hebdomadaire de plaisir.

Ce partage s’est avéré mutuellement enrichissant, nourri de votre disponibilité à suivre le cheminement et les réflexions d’une artiste…pas toujours en ligne droite.

Du fond du coeur je vous remercie pour votre présence. et vos généreux commentaires. Une merci tout spécial à Guillaume Sanfaçon, conseiller et webmestre irremplaçable.

Louise Jalbert, “Le cerisier en été”, 2017, crayon feutre sur papier, 12 x 20 cm.

Juillet

C’est l’été, c’est même la canicule ici au Québec. C’est le temps où il fait bon se détendre et prendre le temps de recharger ses batteries. Avec cette chaleur, je rêve d’eau et de baignades. Vous aussi peut-être, alors j’ai pensé vous rafraîchir les yeux.

Sur un air de vacances, je vous ouvre mes carnets d’aquarelles, ceux que je fais en toute liberté dehors et qui font partie de ma routine d’été.

 

Louise Jalbert, “Carnet Lacs Pinatel, 14 et 15 juillet 2016,  Aquarelle sur papier, carnet Moleskine 13 x 41 cm. 

Ça avance bien

Côté technique, ça prend forme. Quelques essais, un peu de recherche sur internet, deux ou trois fois au magasin de matériel artistique pour comparer et acheter les produits, et me voilà à jour avec l’acrylique.

Ce n’est pas la première fois que j’utilise l’acrylique, mais ça faisait un moment et il fait se refaire la main.

https://louisejalbert.com/oeuvres/orange-et-sortilleges/#/i/1

C’est une technique finalement assez simple et surtout très polyvalente, qui peut passer d’un effet très dilué à des matières en épaisseurs, sans souci que ça craque.

Sur la petite toile ci-dessus, j’ai commencé plutôt dilué pour voir les couleurs et les transparences.

Les pigments ne donnent pas toujours les mêmes résultats d’une technique à l’autre, il faut donc s’ajuster. Par exemple le vert bleu ci-dessus est obtenu avec un vert Phtalo dilué avec du médium acrylique. En aquarelle, je le fais avec le Viridien et de l’eau, à l’huile aussi, c’est un Viridien, mais avec un solvant.

D’ici, je commence à voir ce que je pourrai faire comme taches, matières et couleurs.
Ça avance bien.

 

L’acrylique, ça colle!
Reflexe à reprendre: laver pinceaux et assiettes immédiatement après usage sous peine de les perdre, car le liant polymer à la base des couleurs est un puissant adhérent.

 

 

 

Louise Jalbert, ” Feuillage en été” , 2018, acrylique sur toile, 40 x 50 cm

Choisir

La semaine dernière, j’ai repris une toile à l’huile commencée il y a quelques semaines….et je me suis heurtée à un mur.

Toute une journée de travail pour aboutir à un résultat décevant… ça fait partie du métier. Mais comme c’était ma troisième tentative échouée ce printemps, une réflexion s’imposait.

Tout me semblait lourd: le processus, la technique, même la peinture sur le pinceau… Pourtant, j’aime l’intensité et la sensualité des couleurs à l’huile; j’avais envie d’y revenir, me donnant le défi d’améliorer ma technique. Mais ce qui se passait n’était pas qu’une question de technique.

L’essence de ce que je veux exprimer maintenant, c’est quelque chose de vibrant, léger, fluide, et transparent.

J’ai fais mes études en peignant à l’huile, j’y suis attachée, et j’ai tellement admiré la peinture des grands maîtres dans l’histoire de la peinture occidentale que je crois bien avoir conclu plus ou moins consciemment que c’est la technique la plus valide.

Vraiment? En 2018? Avec ce que je veux faire maintenant?

Pour être réceptive à ma vision, plutôt intuitive, j’ai besoin d’être rapide et de pouvoir travailler spontanément, facilement. Et ce n’est pas ce qui se passait l’autre jour.

Alors, je choisis d’oublier technique classique et références pour l’instant, pour ouvrir grand la porte à une certaine candeur, en utilisant l’acrylique de la façon la plus libre et audacieuse possible. 

La création, c’est exactement ça, c’est faire des choix, basés non pas sur des habitudes, mais sur une vision

À ce sujet, la meilleure théorie et mise en pratique que je connaisse est celle de Robert Fritz. Que vous soyez artiste ou non, maîtriser les principe du processus de création ne peut que vous aider à créer, que ce soit un tableau ou votre vie. (En anglais seulement).
https://www.robertfritz.com/wp/programs/choices/

Louise Jalbert, “Feuillage dans le pommier” 2018, travail en cours, Huile sur toile, 76 x 76 cm
“Feuillage, essai”, et “Eau. essai technique”, 2018, Acrylique sur papier canevas, 40 x 50 cm

Un dessin

Je suis de retour dans l’atelier, la tête pleine d’images de mon voyage en Inde. C’est assez effervescent, mais pas encore très précis.

Voici un dessin que j’ai fait à Uttarkashi. Il contient des éléments de mon travail précédent sur les feuillages et pointe dans la direction que je veux développer, une composition à la fois plus ouverte et élaborée, inspirée de l’esprit de la nature. Les oiseaux sont un nouvel ajout.

Ce n’est pas un dessin d’observation, mais une image qui m’est venue très tôt un matin vers 4 ou 5 heures, alors que j’émergeais du sommeil. Étonnamment, il était assez facile de m’éveiller à ces heures indues dans les Himalayas, et le tableau en valait vraiment la peine.

J’ai bondis hors de ma chambre et me suis assise dans le jardin face au Gange, dessinant vite pour ne pas perdre ma vision. Le chant des oiseaux montait et le soleil colorait progressivement la cime des montagnes.

Cette petite esquisse dans un carnet est un précieux souvenir. Mais surtout, elle contient le germe de ce que je veux développer dans les prochains mois, c’est-à-dire la notion d’interrelation qui existe en toutes choses et que je veux mettre en évidence, en plus grand format.

Je partagerai avec vous cette recherche au fur et à mesure de son évolution. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires sur Instagram!

Louise Jalbert, “Les Upanishads en rêve”, 2018, Crayon feutre dans un carnet, 17 x 12 cm

L’artiste en Inde

Je suis partie en Inde à la rencontre de sa spiritualité, mais l’artiste était aussi de la partie, curieuse de ce qu’elle allait découvrir.

Depuis les foules de Delhi aux modestes villages des Himalayas, j’ai été séduite par les couleurs intenses et débridées qui se retrouvent en de joyeuses combinaisons sur les vêtements, les objets, les tissus et enseignes, voire même les temples et les édifices.

Les femmes et leurs saris m’ont particulièrement impressionnée, étincelantes taches chromatiques évoluant dans la poussière des rues.

 

La moindre échoppe présente un étalage de motifs et de couleurs étonnants.

Je me demande s’il existe un autre pays qui offre au regard autant de contrastes et de combinaisons chomatiques que l’Inde? Et quelle est l’origine et le sens de l’utilisation de ces couleurs? L’effet est tellement vivifiant!

 

 

Les maisons sont peintes en pistache et violet…et les cordes à linge aussi.

Je suis toute imprégnée de la multitude d’impressions que j’ai reçues là-bas: il y a beaucoup à assimiler qui va m’inspirer encore longtemps.
Mon fil conducteur est la pratique de yoga et de méditation, au coeur ce ce voyage et de mon cheminement personnel.

 

 

 

 

Dans sa ruée vers l’avenir, j’espère que la jeunesse indienne (50% de la population) saura préserver son ancrage dans la spiritualité, essentielle à notre paix intérieure.

 

 

 

Beaucoup de choses se sont précisées en moi lors de ce voyage: la vision de mon art et de ce que je veux exprimer s’est approfondie.
Art et spiritualité ont toujours coulé de la même source pour moi, plus ou moins consciemment. Maintenant je sais qu’ils peuvent devenir la même expression.

Photos Louise Jalbert, “Pélerinage en Inde 2018”

Un pèlerinage en Inde

Faire un pèlerinage en Inde est quelque chose dont je rêvais depuis longtemps, et qui vient de se concrétiser.
L’Inde est un pays fascinant aux multiples facettes, mais ce qui m’attirait avant tout, c’était de prendre contact avec sa spiritualité millénaire, et d’aller à la rencontre des enseignements anciens qui sont à l’origine du yoga.

Un pèlerinage est une pratique spirituelle qui, par les enseignements dispensés, les défis que les pèlerins rencontrent à chaque jour, stimule une ouverture intérieure. En cheminant dans ces montagnes vénérées, fréquentées par d’innombrables saints, moines et pèlerins, en regardant les mêmes levers de soleil, je voulais me rapprocher, ne serait-ce que d’un pas, de ma propre vérité.

J’ai eu la chance de partager cette expérience avec un groupe de gens très intéressants, plusieurs étant des adeptes avancés de yoga et enseignants. À cet égard, même si je pratique le yoga depuis 15 ans, j’étais leur benjamine et j’ai bénéficié à plusieurs reprises de leurs connaissances.

 

Notre guide et organisateur fut Atmaram (en chemise rouge ci-dessus), lui-même un enseignant apprécié et très expérimenté.
https://www.facebook.com/AtmabalaYoga/

Attentif, dosant bien les défis et les moments de détente, il a dirigé notre parcours tant intérieur qu’extérieur à la ville comme sur le tapis de yoga. Grâce à lui, nous avons eu la chance de faire connaissance avec des lieux et des gens remarquables qu’il avait fréquentés lors de pèlerinages avec son maître, Swami Vishnudevananda, lui-même un disciple de Swami Sivananda.

http://www.sivananda.org/montreal/

 

La route peut-être longue et difficile, mais des plaines de Delhi aux montagnes des Himalayas, elle s’élève progressivement vers des paysages magnifiques, un air pur et une lumière radieuse.

 

 

 

 

 

 

Nous avons puisé l’eau du Gange, mais nous avons surtout abreuvé notre esprit de limpidité et fait briller le meilleur de nous-mêmes. Notre courage a grandi, et parmi les éclats de rires, des amitiés ont fleuri.

 

 

 

 

Ne sommes-nous pas tous des pèlerins sur cette terre? Notre vie peut devenir un périple de découverte et de réalisation de soi. Chaque pas peut nous y conduire et pour mes compagnons et moi, ce pèlerinage balisera les sentiers à venir.

 
Photo principale: Rishikesh: la ville de pèlerinage est sise aux pieds des montagnes de l’Himalaya d’où coulent les eaux sacrées du Gange.Photo
Photo 2: Notre groupe en compagnie de Swami Hariomananda, dont l’enseignement était ponctué d’humour. Photo Plamena Stoyanova
Photos Louise Jalbert, ( sauf #2), “Pèlerinage en Inde”, 2018

Devant un tableau de Joan Mitchell

Dans cette deuxième partie, je poursuis la série de photos prises lors de l’exposition “Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure”, avec les tableaux de Joan Mitchell.

Devant un tableau de Joan Mitchell, on peut ressentir une énergie brute, passionnée, furieuse même, qui cohabite avec une grande finesse, voir un lyrisme qui ne se détecte pas du premier coup d’oeil. Au-delà de l’expression d’un paysage, j’y vois le jaillissement d’un état d’âme tumultueux, à la fois tendre et déchiré, qui s’exprime vivement, mais non sans nuances.

Comme l’a justement remarqué une amie, le dynamisme dans le tableau ci-dessus est d’une telle force, qu’il offre un contraste frappant avec la position immobile et l’attitude attentive de la personne qui le regarde.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Mitchell
http://joanmitchellfoundation.org

 

Dans le détail de l’oeuvre ci-contre, on peut voir les forces en jeu dans l’oeuvre de Mitchell: couleurs délicates utilisées en transparences, suggérant une profondeur immatérielle, mises en opposition avec une utilisation gestuelle véhémente de la pâte picturale qui nous ramène à sa matérialité.

 

Mitchell utilise le blanc de la toile pour faire vibrer des espaces colorés qui vont de la fine couche transparente à la l’utilisation en épaisseur de la peinture à l’huile.
Ci-dessus, les silhouettes des jeunes filles semblent compléter la série de taches sombres du tableau qu’elles regardent.    

 

 

Je ne peux conclure sans mentionner cette dernière oeuvre de Jean-Paul Riopelle, véritable testament artistique qui les réunit tous les deux.

En novembre 1992, apprenant le décès de Joan Mitchell, Riopelle exécuta “L’hommage à Rosa Luxembourg”, vibrante fresque de 30 tableaux maintenant accrochée dans le corridor qui relie le musée national des beaux-arts de Québec au pavillon Pierre Lassonde où se tenait l’exposition.

https://www.mnbaq.org/exposition/jean-paul-riopelle-1213

Les photos ont été prises lors de l’exposition “Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure”, qui a eu lieu au musée national des Beaux-Arts de Québec, du 12 octobre 2017 au 7 janvier 2018.
Cette exposition était la première à étudier la relation de couple et de collègues entre Mitchell et Riopelle, et l’influence de celle-ci sur leurs oeuvres respectives.
https://www.mnbaq.org/exposition/mitchell-riopelle-1252
Photo principale: Dame en rouge devant : “Un jardin pour Audrey”, 1974, Huile sur toile, dyptique, Fondation Joan Mitchell
Photo 2: Joan Mitchell, Sans titre (détail), 1961, Huile sur toile, Joan Mitchell Foundation, New York
Photo 3: Visiteurs devant : Jean-Paul Riopelle, Hommage à Rosa Luxembourg, 1992. Acrylique et peinture en aérosol sur toile, 155 x 1 424 cm (1er élément); 155 x 1 247 cm (2e élément); 155 x 1 368 cm (3e élément), Coll. MNBAQ. Don de l’artiste. 
Photos: Louise Jalbert

Muses dans les musées: Exposition Mitchell/Riopelle, 1ere partie

Muses dans les musées est une série de photos prises dans les musées où je croque sur le vif les visiteurs, dans leur relation avec les oeuvres d’art. Dans cette première partie, les gens observent les oeuvres de Jean-Paul Riopelle.

https://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Riopelle

 

 

Je m’intéresse à leur attitude, presqu’immobile, souvent studieuse ou contemplative face à l’oeuvre qu’ils regardent. Un moment où le temps semble suspendu.

Mais le temps ne reste pas suspendu longtemps et je trouve passionnant de capter dans la rapidité de l’instant une composition qui se fait et se défait sous mes yeux. Que ce soit un rapport de couleur…

 

 

 

 

 

 

…ou un rapport de surfaces, comme ici celles des manteaux et des chevelures sombres qui contrastent avec la gestualité et la matière de la peinture.

 

 

 

 

 

 

Parfois, les gens ont l’air de sortir tout droit du tableau: les vêtements noirs du visiteur donnent l’impression de s’y fondre ou d’en être la continuation, comme une métaphore de sa contemplation.

 

 

 

 

Les photos ont été prises lors de l’exposition “Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure”, qui a eu lieu au musée national des Beaux-Arts de Québec, du 12 octobre 2017 au 7 janvier 2018.
Cette exposition était la première à étudier la relation de couple et de collègues entre Mitchell et Riopelle, et l’influence de celle-ci sur leurs oeuvres respectives.

https://www.mnbaq.org/exposition/mitchell-riopelle-1252

Mai

“Plus le degré de connaissance s’affine, plus le rapport avec le monde naturel s’élabore”.

Le XIVe dalaï-lama

 

Louise Jalbert, “Le cerisier en fleurs”, 2013, Aquarelle sur papier sur papier, 56 x 76 cm