C’est un peu échevelé, ça commence bien.

C’est un peu échevelé, ça commence bien.J’ai mis de côté les gouaches d’hiver et je veux maintenant travailler plus grand. Ça commence bien.

L’esquisse à l’huile ci-dessus est un peu échevelée et chaotique; je cherche de nouvelles formes d’expression, et je n’y suis pas encore.

Avec le beau temps qui s’en vient, je vais reprendre les aquarelles et ma vision de la nature comme une grande tapisserie. Vision que j’aimerais aussi transposer en grand format.

Alors je fais des essais à l’huile et à l’acrylique pour voir laquelle de ces techniques me servira le mieux.

Nulle technique n’est plus sensuelle que la peinture à l’huile à mon avis: la matière est moelleuse, les couleurs intenses. J’utilise une grande plaque de verre comme palette: c’est idéal pour mélanger les couleurs et facile à nettoyer. Son odeur m’enivre comme un parfum… intoxiquant!

Le processus de la peinture est toujours une aventure, qui se fait pas à pas sans toujours savoir quel sera le résultat. Mais il y a toujours une avancée.

 

Et c’est à suivre!

 

Louise Jalbert, “Branches”, étude, 2018, Huile sur toile, 63 x 80 cm

Entre-deux

Maintenant que le printemps est enfin arrivé, nous voici à ce moment particulier où après avoir beaucoup attendu, nous le regardons aussi beaucoup venir.

C’est toujours ainsi que ça se passe au Québec: il y a un entre-deux, entre l’hiver et le printemps, entre les bancs de neige qui fondent et la nouvelle saison qui est dans l’air, mais pas encore évidente, du moins à nos yeux.

On dirait que la nature elle-même retient son souffle, aussi excitée que nous à l’approche du renouveau.

La lumière est l’attrait principal; elle est de retour en force, crue et libre d’éblouir tout sur son passage. Il n’y a pas encore de feuilles dans les arbres pour la filtrer et la neige au sol lui sert de miroir.

C’est un temps où tout est en puissance, à venir dans un grand éclatement de vie renouvelée.
Un entre-deux, indéfini, suspendu, avant le grand bond en avant.

 

Louise Jalbert, “Début de printemps”, 2018, Gouache sur papier, 20 x 25 cm

Épilogue

Je vais mettre de côté le travail fait cet hiver. Le printemps s’annonce, et ce que j’ai sous les yeux depuis ces derniers mois sera bientôt tout à fait transformé.

Croyez le ou non, mais j’aimerais continuer à faire des esquisses d’hiver. Non que je n’ai pas hâte de sentir enfin les rayons chauds du soleil, bien au contraire. Mais les couleurs et les espaces que j’ai étudiés commencent à faire leur chemin en moi et me donnent envie d’aller plus loin.

Cela me donne de quoi bien démarrer le travail en décembre prochain.
Mais avant de tout ranger, je vais faire le point sur ce que j’ai appris ces derniers mois.

Ma démarche en peinture est assez spontanée: je procède de façon plutôt intuitive à partie d’une accumulation et d’une imprégnation de la mémoire qui se fait par ce travail d’observation. Ensuite, je prends un recul et me questionne, par exemple:

Qu’est-ce que je veux exprimer à partir de ce sujet?
Qu’est-ce que je veux développer de ces esquisses, et comment?

Voilà de quoi écrire l’épilogue de ce premier chapitre en hiver et peut-être même, qui sait, la préface de la prochaine saison.

Louise Jalbert,  “Ombre bleue”,  2018,  Gouache sur papier, 27 x 38 cm

L’hiver est en train de s’effacer

Notre hiver est en train de s’estomper, non sans les habituels repentirs. Mais nous sommes en mars et la neige fond presqu’au même rythme qu’elle tombe sur le sol.

En fondant, elle devient grise et brune, un peu sale aussi. Certains jours nuageux, tout ce que je regarde semble être une nuance de gris, comme si toute la palette des couleurs avait été délavée.

J’aime bien faire des études de gris: cela permet d’approfondir ma connaissance des valeurs. En peinture, les valeurs sont les différentes gradations d’un ton plus ou moins foncé, par exemple d’un brun très pâle, disons beige jusqu’à un brun presque noir.

C’est un exercice en subtilité, qui permet de voir la beauté très discrète de ce dernier mois d’hiver. Un temps qui semble vouloir effacer la notion même de couleur avant qu’elle ne renaisse au printemps.

Louise Jalbert, “Gris de mars”, 2018, Gouache sur papier, 22 x 29 cm.

Dessins d’oiseaux

Il y a une semaine ou deux, j’étais devant ma fenêtre quand j’ai remarqué deux oiseaux, un mâle et une femelle Cardinal rouge, posés sur les branches d’un arbuste tout près.
Enfin, le retour des oisehttp://www.dfrinta.comaux!

Par un beau hasard, je recevais le jour même un courriel d’une amie, Dagmar Frinta, incluant les dessins d’oiseaux qu’elle venait de faire.

Le carnet de croquis d’une artiste est un lieu intime, un espace de tentatives, d’essais, de notes. C’est toujours un privilège d’y avoir accès, et un plaisir de regarder l’évolution de ses idées et ses inspirations.

Comme c’est souvent le cas dans un carnet, les dessins ici sont un exercice d’observation, et une façon de se remettre en contact ainsi avec soi-même, exercice que je pratique moi-même.

Excellente dessinatrice de longue date, Dagmar réussit à saisir les attributs et le caractère de ses modèles. Ses croquis révèlent également une sensibilité aux oiseaux, et une réelle joie à les regarder.
Il en émane une spontanéité et une ferveur qui les rend, je crois, particulièrement attachants.

 

Dagmar Frinta, “Étourneau sansonnet,” “Pic-bois,” Corneille d’Amérique,” “Sitelle à poitrine blanche,”   2018, Crayons de couleur sur carnet de note, 15 x 10 cm.
Photos Dagmar Frinta

Esquisse no 5

J’aimerais bien faire de grandes avancées avec ces esquisses, mais j’avance plutôt à pas de tortue. Ça me prend du temps pour assimiler un sujet et le transformer en tableau.

Est-ce que celle-ci est meilleure que les précédentes? Peut-être.
Mais ce qui importe surtout, c’est de les avoir fait, apprenant un peu avec chacune, inscrivant ces formes et ces couleurs en moi. J’ai eu une longue conversation avec ces arbres que je regarde à tous les jours.

Maintenant, je vais prendre un peu de recul, et laisser le tout se déposer dans ma mémoire quelque temps.

Ici au Québec, la vie se prépare à renaître sous la terre encore gelée. Ainsi va mon processus en ce moment, comme une lente germination.

Louise Jalbert, “Bleu sur neige, étude #5”, 2018, Gouache sur papier, 20 x 25 cm

La répétition

L’être humain apprend par la répétition. C’est ainsi que notre cerveau enregistre toute nouvelle information et la retient en mémoire.
https://neuropedagogie.com/bases-neuropedagogie-neuroeducation/apprendre-connexion-et-repetition.html

Il semble que je sois en processus d’apprentissage intense, parce que j’ai l’impression de me répéter. En voulant reprendre l’esquisse de la semaine dernière et la pousser plus loin… je ne suis pas allée très loin! Mon sujet est assez difficile, et je me rends bien compte qu’il faudra encore plusieurs études avant de le maîtriser. J’ai du mal à saisir ce que je vois, et ma vision elle-même reste à définir, ce qui est normal à cette étape.

J’ai quand même approfondi quelques notions de couleur, par exemple celles des arbres dans le fond et les branches bleues devant. Sans doute, refaire ce motif m’a aussi aidée à mieux le comprendre.

Patience et curiosité seront de mise dans les prochaines semaines, avec beaucoup d’huile de coude. Et sans doute quelques répétitions…

Louise Jalbert, “Bleu sur neige, étude #2”, 2018, Gouache sur papier, 28 x 35 cm

Peindre les bleus

Ça fait un moment que je veux peindre les bleus de l’hiver.
Les bleus, les blancs et les roses.

Après une chute de neige, quand il fait soleil, le sol et les surfaces couvertes de neige reflètent ces couleurs, souvent de façon frappante. Je trouve ça très beau, surtout au lever et au coucher du soleil. Février et mars sont les mois où ce phénomène est davantage remarquable, le soleil étant plus présent, et la lumière plus vive que les mois précédents.

J’ai fait cette esquisse pour fixer quelques idées de couleurs que je veux développer. Elle est plutôt descriptive, mais je commence souvent un projet de cette façon, par des exercices d’observation. Que ce soit en dessin ou en couleur, j’étudie mon sujet jusqu’à ce que j’en connaisse intimement ses caractéristiques visuelles et qu’elles s’impriment dans ma mémoire. De là, je peux travailler beaucoup plus spontanément, et concentrer mes efforts sur ce que je veux exprimer.

J’ai le projet d’en faire plusieurs dans les semaines qui suivent, et ce faisant, définir un peu plus ma vision des bleus de l’hiver.
Le temps est compté, car il ne reste que deux mois d’hiver…pour cette année.

Louise Jalbert, “Bleu sur neige, étude #1”, 2018, Gouache sur papier, 28 x 35 cm