Encore de l’herbe

“Vert, c’est la couleur de la jeunesse; elle déborde d’une énergie printanière. C’est la couleur de la terre florissante. Le vert n’est pas statique mais plein de l’énergie et de l’impulsion de la croissance, impatient, pressé dans sa course vers la lumière. La gravité ne peut le retenir, l’appel de la lumière se faisant toujours plus impératif. Vert, c’est la couleur du désir incessant. Même sous la terre, étouffée par l’asphalte ou le macadam, la lame verte surgira. Car rien ne peut retenir l’herbe de pousser.”

John O’Donohue,
Beauty, The Invisible Embrace, Harper Perennial, 2004, p.105
Traduction Louise Jalbert

Louise Jalbert, “Herbe avec rose et orange” 2015, Aquarelle sur papier, 22 x 29 cm

Une bonne semaine

La semaine dernière a été sous le signe de la rencontre et de l’aboutissement. La collectionneuse est revenue et a choisit 3 aquarelles, qu’elle veut offrir lors d’un prochain voyage dans son pays. J’ai également livré un petit dessin vendu en juillet, qui se retrouvera en très bonne compagnie.

Vendre mon travail est un échange qui crée une relation et j’apprécie cette interaction. Le travail que j’ai fait dans l’intimité de l’atelier acquiert une autre dimension en étant accroché sur les murs du collectionneur car il stimule maintenant un autre regard. C’est une autre histoire qui commence.Au cours des trois dernières semaines, j’ai fait de nouvelles aquarelles et complété certaines qui étaient en attente.

 

Elles sont maintenant photographiées, et disponibles pour une future exposition. C’est un bon moment pour imaginer la suite.

Cette suite, je la vois en espace et en couleur, mais à une autre échelle. Voilà qui occupera encore plusieurs, plusieurs semaines. C’est donc à suivre…

 
Louise Jalbert, “Petite branche et feuillage, no 2, no 1 et no 3”, 2018, Aquarelle sur papier 14 x 19 cm. No 2 et 3 vendues.

L’herbe

“En travaillant dans le jardin, vous servirez les arbres et les plantes et vivant parmi eux, essayez de devenir comme eux. Que les arbres soient votre Guru. Un arbre donne ses fruits et de l’ombre. Quand le fruit est mur, il tombe, il est sucré au goût. Vous utilisez le bois de l’arbre pour cuisiner. Donc l’arbre se donne entièrement, il ne garde rien.”

“Regardez comment les arbres grandissent et apprenez d’eux. Ainsi de l’herbe. L’herbe est humble, elle endure tout. Les gens marchent dessus, la coupent, elle ne se défend pas. De même la terre; tout le monde marche dessus, on la martèle, on la réduit en poudre-on en fait ce qu’on veut, elle reste tranquille et bienveillante.”

Anandamayi Ma

Extrait de “As The Flower Sheds its Fragrance, Dairy Leaves of a Devotee”, propos d’Anandamayi Ma recueilis par Atmananda, une fidèle d’origine autrichienne.

Louise Jalbert, “Herbe avec jaune et violet”, 2017, Aquarelle sur papier, 27 x 38 cm. Photo Guy L’Heureux

Dehors, dedans

Avec les esquisses que je fais dehors, je me “réchauffe”, comme on fait avec nos muscles avant l’effort physique. Ça demande un certain tonus, vu les changements de lumière, de température, d’endroit, etc. Sans compter que je rentre et sort sans cesse, poussée par la pluie et le beau temps. Mais j’aime bouger, ça me dynamise.

C’est une bonne pratique de flexibilité; et comme mon pinceau devient alerte, j’en profite pour reprendre quelques aquarelles que j’avais laissées en plan à l’automne. D’ici une semaine ou deux, elles seront terminées. Je pourrai ensuite les photographier et ajouter ces nouvelles images à mon site.

Encore un peu de temps, et il faudra déjà rentrer, pour passer à un travail plus intérieur.
Mais j’anticipe. Maintenant, c’est encore l’été, et j’ai amplement de quoi m’activer dehors.

Louise Jalbert, “Aquarelles sur papier”, 2017-2018, 19 x 27 cm, 28 x 30 cm, Carnet aquarelle Moleskin, 21 x 58 cm

Une étude de pin

Quand je travaille dehors, je suis davantage concentrée à observer qu’à développer une idée toute neuve.

Je privilégie une attitude ouverte, attentive aux couleurs, aux mouvements, aux odeurs et tout autre picotement d’aiguilles de pin: c’est un mode réceptif, qui enregistre. Bien sur, une sélection doit se faire ( je n’ai pas décrit chaque aiguille de pin, chaque crevasse de l’écorce, donc j’ai simplifié), mais c’est quand même assez studieux.

Ce n’est pas le chemin de tous les artistes, mais pour ma part, j’ai besoin de passer par là pour apprendre. Je fais cet exercice pour nourrir mon imaginaire et pour être en contact avec ce que je veux exprimer de plus subtil.

Mon but n’est pas de faire une copie conforme: ça n’a pas d’importance, parce que chaque esquisse est une pratique, qui exprime ce que j’ai retenu à ce moment là.

Ce faisant, un dialogue se crée entre ce que je cherche à capter (Ai-je saisi l’essence de ce pin? Ai-je réussi à en traduire la majesté, la force de son tronc et la douceur de son feuillage? Le chant que fait le vent dans ses branches? Ça fait pas mal de choses, hein?) et ce que je perçois, ou devine, et qui est au-delà de toutes ces sensations.

C’est cette perception qui m’intéresse, avant tout. Elle se révèle par le contact direct avec la nature. Et elle vient comme ça, mine de rien, quand je suis attentive et que je ne la cherche pas.

Louise Jalbert, “Grand pin, lac Paré, 27 juillet 2018”, Aquarelle sur papier, album aquarelle Moleskine, 21 x 58 cm

Peindre en plein air

Pourquoi peindre en plein air? Pour apprendre en observant, c’est simple, mais pas si simple que ça.

Dans mon cas, il s’agit plutôt de dessins et d’esquisses couleurs que de peintures à proprement parler. C’est la première étape de mon travail, la deuxième se fait dans l’atelier, à partir de ces esquisses, nourrie de cette expérience.

Dehors, dans la nature, il se passe des choses. La lumière de 11 heures n’est plus la même à midi. Le vent transforme les nuages, un oiseau chante puis s’arrête, il fait chaud, il fait froid, tiens, il pleut, le lac devient gris et les vagues font un bruit de clapotis.

Moi, j’essaie de capter un petit quelque chose: les diagonales du mouvement de l’eau, les nuages qui s’y réfléchissent, les couleurs sous mes yeux et celles au loin. Dans cette myriade de détails, je dois choisir; et chaque essai est une leçon unique.

Ce qui fait que cet exercice, bien que classique et apparemment désuet, me plait énormément. J’aime être dehors, c’est certain, mais j’aime aussi ce dialogue entre ce qui se passe, ce que j’arrive à en faire et ce qui vient en faisant. C’est plutôt simple, non?

Louise Jalbert, “Lac Paré, 27 juillet 2018”, Aquarelle sur papier, album aquarelle Moleskine, 21 x 58 cm

Dehors

est un des mots les plus joyeux que je connaisse. “Allez jouer dehors, les enfants” nous disait ma mère et c’était la récréation, été comme hiver.

J’ai toujours ce sentiment de liberté quand je suis dehors. C’est pour ça, peut-être, que que je peins à partir de la nature, parce que je m’y sens bien. Et dès que le temps le permet, je m’installe dehors pour travailler.

Pour des raisons pratiques, à l’extérieur j’utilise des techniques comme l’aquarelle ou le dessin, faciles à transporter. L’important pour moi est de capter la lumière, les couleurs, et me laisser imprégner par la vie autour de moi sous forme de sons, d’odeurs et de sensations diverses.

Voilà pourquoi je serai à l’extérieur de l’atelier autant que possible cet été. J’y reviendrai quand il pleut, et mon travail s’en trouvera bien aise.

Sur le bord de l’eau, Lacs Pinatel, Québec, été 2016

Voilà déjà un an

…que cette info-lettre a vu le jour, j’en suis toute étonnée mais surtout reconnaissante.

Bien que pour vous, lecteurs francophones, l’aventure ait débuté un peu plus tard, tout a commencé un jour en juillet avec ce dessin et l’envie de vous apporter un moment hebdomadaire de plaisir.

Ce partage s’est avéré mutuellement enrichissant, nourri de votre disponibilité à suivre le cheminement et les réflexions d’une artiste…pas toujours en ligne droite.

Du fond du coeur je vous remercie pour votre présence. et vos généreux commentaires. Une merci tout spécial à Guillaume Sanfaçon, conseiller et webmestre irremplaçable.

Louise Jalbert, “Le cerisier en été”, 2017, crayon feutre sur papier, 12 x 20 cm.