Un beau projet

J’ai reçu une commande cette semaine. Il s’agit de faire une oeuvre qui sera accrochée dans la chambre à coucher d’un jeune couple d’architectes montréalais. Leur proposition est très ouverte, avec comme seule directive de donner une impression d’être dans le feuillage, assez proche des aquarelles de ma récente série Le nez dans l’herbe.

Le format peut varier: comme l’oeuvre sera accrochée au-dessus de leur lit, j’ai tenté un format horizontal dans cette première esquisse ci-dessus. C’est une idée parmi d’autres que je développerai dans les prochaines semaines.

J’apprécie la confiance qu’ils me témoignent, d’autant plus que je suis en période de recherche actuellement. Cela signifie que même si j’ai une vision qui me guide, il y a encore beaucoup d’inconnu et je ne sais pas encore ce qui en résultera. La création, à mon sens, c’est ça: j’avance à partir d’une idée avec des moyens qui se définissent au fur et à mesure du processus. Je fais des essais, des erreurs, des modifications; ce tâtonnement permet de déboucher sur un résultat souvent inattendu, mais pertinent.

De façon consciente ou non, chacun de nous est continuellement en train de créer quelque chose, que ce soit une pensée, une habitude, un repas, un projet, une relation ou une carrière. A chaque moment de notre vie, nous avons le choix de ce que nous créons et comment. Je fais ce projet qui, je le souhaite, réjouira mes clients et me fera évoluer dans mon art. Et vous, qu’êtes-vous en train de créer maintenant?

Louise Jalbert, “Jamais la fin d’été”, 2018, Gouache sur papier, 35 x 86 cm

Octobre en novembre

Octobre est un mois d’intenses études de couleur. Je n’arrive jamais à saisir tout ce que je vois – il y a une telle abondance – mais chaque année apporte sa récolte.

Dans la nature comme dans la vie, nous savons que tout est en perpétuel changement, mais ce n’est pas toujours observable au quotidien. Le jaune vert un peu acide du feuillage printanier se transforme au cours de l’été en différentes nuances de vert: cela se fait de façon si graduelle que nous le remarquons à peine.

C’est une toute autre histoire en octobre, où chaque jour est un festival de couleurs éphémères, en évidente métamorphose.

Comme je travaille dans un assez grand format pour des esquisses, j’ai du procéder rapidement, passant de l’une à l’autre le temps de capter un effet fugace. Et maintenant, pendant que tout est encore frais dans ma mémoire, j’y reviens. Ce faisant, j’avance vers une autre étape de ma peinture, mais cela non plus, ce n’est pas encore perceptible.

Louise Jalbert, “Le cerisier en octobre”, 2018, Gouache sur papier, 75 x 55 cm

Un rêve

Il m’arrive de rêver de couleurs, souvent celles que j’ai peintes pendant la journée et qui continuent de faire leur chemin dans mon esprit.

En général, ces rêves sont agréables, mais s’évaporent assez vite. Cette fois-ci, l’image était très claire, et le contexte aussi. Je ne baignais pas dans les couleurs que j’utilise en ce moment, et je me suis observé dans le geste de peindre.

Alors j’ai eu envie de faire ce tableau, aussi fidèlement que possible. Le résultat est étonnant; d’abord parce qu’il est très proche de mon rêve, et aussi, parce que tout en le faisant, il me venait d’autres images en lien avec celle-ci.

La première est l’oeuvre d’une artiste américaine, Lynette Lombard, dont j’avais vu quelques oeuvres lors d’une visite das les galeries de New York, l’an dernier. Voici un exemple de sa série “Night Paintings”

Et la 2ème, encore plus évidente à mes yeux, est celle des Nymphéas de Monet, que je suis allée revoir à Paris, en septembre de l’an dernier. Il ne s’agit pas ici de faire de comparaison, mais de reconnaître une influence plus ou moins consciente, et qui s’exerce depuis mes études au Cégep en histoire de l’art, où j’ai découvert l’art des impressionnistes.

Il y a beaucoup dans l’oeuvre de Monet qui me touche et me stimule: son intérêt pour le paysage, son étude de la couleur et de la lumière, et surtout ces magnifiques Nymphéas, qui occupèrent les derniers vingt ans de sa vie, dont la dimension même nous fait entrer dans la couleur et le geste de peindre. Son exemple est certainement inspirant, je dirais édifiant, à ce moment où je cherche à élargir l’envergure de mon travail.

Louise Jalbert, “Rêve en bleu”, 2018, Gouache sur papier, 55x 75 cm

Couleur et espace

En terminant ma série d’aquarelles, j’ai mentionné que je voulais poursuivre mon travail sur l’espace et la couleur, mais à plus grande échelle. À plus grand échelle signifie en plus grand format, mais ça peut aussi vouloir dire peindre plus largement, ou plus simplement. Comme mon travail se développe de façon assez intuitive, c’est en faisant que je vais trouver.

J’ai commencé avec quelques gouaches sur papier dont celle-ci, qui est le format maximum de mes aquarelles, soit 55 x 75 cm. J’y vais progressivement, parce que mes compositions sont assez complexes, et que je passe d’une technique à l’autre. Je reprends la gouache dont l’effet est proche de l’acrylique que j’utiliserai sur toile, en format 76 x 91 cm ou 91 x 121 cm, par exemple. Rien de monumental, mais suffisant pour changer mes récentes habitudes visuelles et manuelles.

Le rythme aussi se modifie; je suis plus lente pendant que j’explore d’autres façons de faire. Je n’ai pas la même dextérité et c’est parfait, le temps, les difficultés me font faire une réflexion sur mes intentions dans ce désir d’expansion et d’approfondissement. Ce questionnement fondamental est toujours présent, mais dans une période de transition, il reprend toute sa pertinence.

 

 

Je profite des derniers jours d’été
pour travailler dehors et affiner ma perception des couleurs et de l’espace.

 
Louise Jalbert, “Arbustes au couchant”, 2018, Gouache sur papier, 56 x 76 cm

Une bonne semaine

La semaine dernière a été sous le signe de la rencontre et de l’aboutissement. La collectionneuse est revenue et a choisit 3 aquarelles, qu’elle veut offrir lors d’un prochain voyage dans son pays. J’ai également livré un petit dessin vendu en juillet, qui se retrouvera en très bonne compagnie.

Vendre mon travail est un échange qui crée une relation et j’apprécie cette interaction. Le travail que j’ai fait dans l’intimité de l’atelier acquiert une autre dimension en étant accroché sur les murs du collectionneur car il stimule maintenant un autre regard. C’est une autre histoire qui commence.Au cours des trois dernières semaines, j’ai fait de nouvelles aquarelles et complété certaines qui étaient en attente.

 

Elles sont maintenant photographiées, et disponibles pour une future exposition. C’est un bon moment pour imaginer la suite.

Cette suite, je la vois en espace et en couleur, mais à une autre échelle. Voilà qui occupera encore plusieurs, plusieurs semaines. C’est donc à suivre…

 
Louise Jalbert, “Petite branche et feuillage, no 2, no 1 et no 3”, 2018, Aquarelle sur papier 14 x 19 cm. No 2 et 3 vendues.

Dehors, dedans

Avec les esquisses que je fais dehors, je me “réchauffe”, comme on fait avec nos muscles avant l’effort physique. Ça demande un certain tonus, vu les changements de lumière, de température, d’endroit, etc. Sans compter que je rentre et sort sans cesse, poussée par la pluie et le beau temps. Mais j’aime bouger, ça me dynamise.

C’est une bonne pratique de flexibilité; et comme mon pinceau devient alerte, j’en profite pour reprendre quelques aquarelles que j’avais laissées en plan à l’automne. D’ici une semaine ou deux, elles seront terminées. Je pourrai ensuite les photographier et ajouter ces nouvelles images à mon site.

Encore un peu de temps, et il faudra déjà rentrer, pour passer à un travail plus intérieur.
Mais j’anticipe. Maintenant, c’est encore l’été, et j’ai amplement de quoi m’activer dehors.

Louise Jalbert, “Aquarelles sur papier”, 2017-2018, 19 x 27 cm, 28 x 30 cm, Carnet aquarelle Moleskin, 21 x 58 cm