La répétition

L’être humain apprend par la répétition. C’est ainsi que notre cerveau enregistre toute nouvelle information et la retient en mémoire.
https://neuropedagogie.com/bases-neuropedagogie-neuroeducation/apprendre-connexion-et-repetition.html

Il semble que je sois en processus d’apprentissage intense, parce que j’ai l’impression de me répéter. En voulant reprendre l’esquisse de la semaine dernière et la pousser plus loin… je ne suis pas allée très loin! Mon sujet est assez difficile, et je me rends bien compte qu’il faudra encore plusieurs études avant de le maîtriser. J’ai du mal à saisir ce que je vois, et ma vision elle-même reste à définir, ce qui est normal à cette étape.

J’ai quand même approfondi quelques notions de couleur, par exemple celles des arbres dans le fond et les branches bleues devant. Sans doute, refaire ce motif m’a aussi aidée à mieux le comprendre.

Patience et curiosité seront de mise dans les prochaines semaines, avec beaucoup d’huile de coude. Et sans doute quelques répétitions…

Peindre les bleus

Ça fait un moment que je veux peindre les bleus de l’hiver.
Les bleus, les blancs et les roses.

Après une chute de neige, quand il fait soleil, le sol et les surfaces couvertes de neige reflètent ces couleurs, souvent de façon frappante. Je trouve ça très beau, surtout au lever et au coucher du soleil. Février et mars sont les mois où ce phénomène est davantage remarquable, le soleil étant plus présent, et la lumière plus vive que les mois précédents.

J’ai fait cette esquisse pour fixer quelques idées de couleurs que je veux développer. Elle est plutôt descriptive, mais je commence souvent un projet de cette façon, par des exercices d’observation. Que ce soit en dessin ou en couleur, j’étudie mon sujet jusqu’à ce que j’en connaisse intimement ses caractéristiques visuelles et qu’elles s’impriment dans ma mémoire. De là, je peux travailler beaucoup plus spontanément, et concentrer mes efforts sur ce que je veux exprimer.

J’ai le projet d’en faire plusieurs dans les semaines qui suivent, et ce faisant, définir un peu plus ma vision des bleus de l’hiver.
Le temps est compté, car il ne reste que deux mois d’hiver…pour cette année.

Louise Jalbert, “Bleu sur neige, étude #1”, 2018, Gouache sur papier, 28 x 35 cm

En regardant

“On peut observer beaucoup de choses juste en regardant”

Yogi Berra était un joueur de baseball qui avait aussi un talent pour ce genre d’aphorismes. Ce qu’il dit semble si simple et évident. Et en fait, ça l’est.
Observer et peindre, regarder et peindre, c’est ce que je fais.

http://www.lemonde.fr/sports-us/article/2015/09/23/la-legende-du-baseball-yogi-berra-est-mort-a-l-age-de-90-ans_4768650_1616670.html

Ce que j’observe ne se laisse pas facilement saisir, et surtout pas de façon littérale ou photographique. C’est au-delà de ma façon habituelle de voir et de peindre que je vais y arriver.
Alors j’observe et je peins, je peins et j’observe ce que j’ai peint.
C’est simple, pas toujours évident, mais ça marche.

À l’approche des Fêtes, voici une suggestion de lecture ou de cadeau: Le tout dernier roman de Michel Tremblay, Le peintre d’aquarelles,. Marcel, le personne principal, nous parle de peinture, de regarder et de voir, tout autrement. Bonne lecture!

http://www.lemeac.com/catalogue/1673-le-peintre-d-aquarelles.html

Louise Jalbert “Novembre en après-midi, étude # 6”, 2017, Gouache sur papier, 28 x 41 cm

Un pas après l’autre

Voilà plus de deux semaines que je travaille différentes versions de cette image.
Je voudrais capter une vision fugace, une lueur d’éternité aperçue en cuisinant mon diner, un jour de novembre.
Ce que je veux peindre est au-delà de ce que je vois.

Mais il passe par là. Et dans mon effort pour le saisir, je reste prise dans les branches, les arbustes, la lumière. Obstinée, je jongle avec les couleurs, la composition, et les coups de pinceau.

Cela m’échappe encore.

Mais je sais qu’il y a un processus en cours, et qu’il a ses exigences. Quand j’aurai fait suffisamment d’etudes pour passer outre à la représentation détaillée, je vais oublier la technique et ma main va enfin faire ce que bon lui semble. Alors, j’arriverai à garder l’équilibre entre attention et abandon et l’image pourra enfin respirer.
J’allais dire: danser.

J’aime danser et je vois les ressemblances entre ces deux disciplines.
D’abord, on réchauffe les muscles. Ensuite on apprend les mouvements jusqu’à ce que le corps les éxécute sans réfléchir, et enfin, on bouge avec la musique. C’est alors qu’on peut exprimer quelque chose.

 

Un premier croquis
Plus libre que l’étude de gouache ci-dessus, il est proche de ce que je veux faire. Dessiner en noir et blanc me permet de cerner rapidement l’essentiel de mon idée.

 

Dans l’atelier en ce moment, je marche sur mes propres orteils.
J’espère danser bientôt.

Louise Jalbert, “Novembre en après-midi, étude #5”, 2017, Gouache sur papier, 32 x 38 cm.  
Louise Jalbert, “Novembre en après-midi”, 2017, croquis, carton feutre sur papier, 7 x 9 cm

Le plaisir dans l’effort

Il y a tant de chose à dire sur la nature, à propos de ce qu’elle peut signifier pour chacun de nous, et dans mon cas, à propos de sa représentation en peinture. Dans cet effort pour développer une nouvelle série d’oeuvres, toutes ces questions se bousculent dans ma tête.
Cette semaine, mon travail consiste à faire des esquisses afin de clarifier ce que je vois et pouvoir ensuite choisir les éléments qui correspondent à ma vision. Celle-ci me semblait claire la semaine dernière, mais aujourd’hui, elle ne l’est plus. Il y a trop de questionnements à adresser, et trop de choses que je veux faire en même temps.

Cette esquisse est un bon exemple de l’étape où je suis rendue: je la trouve trop fouillée, trop chargée. Fouiller est le bon terme, parce que c’est exactement ce que je suis en train de faire, et que je dois faire pour discerner ce que j’ai en tête. Les idées doivent se transposer dans la matière de la peinture et du papier avant que je puisse décider si elle expriment ou non ce que j’ai en tête.

Je vise la simplicité et la clarté: pour l’instant, je peins plutôt la profusion, beaucoup d’essais et d’erreurs et quelques idées de couleur.

À travers ces efforts, il y a un plaisir, celui de la gouache: après la limpidité et la fraîcheur de l’aquarelle, son intensité me semble une gourmandise. Alors, pendant que je travaille à élaborer ma peinture, ce petit plaisir suffit à nourrir ma quête.

Louise Jalbert, “Couleurs d’Octobre sur le lac, Saint-Bruno”, 2017, Gouache sur papier, 28 x 37 cm

Tremplins

La semaine dernière, j’écrivais au sujet d’un changement de technique en peinture. Cela faisait un bon moment que je désirais ce changement. Même si changer de procédé est important, la véritable transformation s’opère à un autre niveau. Il s’agit plutôt d’approfondir mon expression artistique, d’expérimenter avec certaines idées et de développer de nouvelles habiletés. Changer de technique est une bonne façon de commencer ce processus.
Mais au préalable, j’ai à terminer certaines oeuvres en souffrance.

Avant mon départ pour la France, j’ai commencé quelques aquarelles que j’ai ensuite mises de côté, soit par manque de temps, soit parce que j’étais indécise. Le voyage ainsi que le fait de passer à une autre technique m’ont donné le recul nécessaire pour y revenir avec un regard neuf. Et donc, avant de m’engager dans une nouveau parcours, j’aimerais les compléter.

Ce n’est pas que tout ce je voulais faire soit entièrement réalisé dans cette série d’aquarelles. C’est impossible et d’ailleurs je n’y tiens pas. Mais, pour l’instant, je suis assez satisfaite de ce groupe d’oeuvres et surtout, je sens qu’aborder mes idées dans une autre forme sera fructueux.

Cette forme reste à trouver, et voici pourquoi revenir à un travail antérieur sera salutaire:

Cela me remet en contact avec les nombreuses idées qui se bouscoulaient dans ma tête pendant je peignais cette série d’aquarelle. 

 

 

Des idées de composition telles que:

Jusqu’où puis-je développer un effet, que je nommerais “tapisserie”, dans ma représentation de la nature sans que cela devienne monotone?

 

 

 

Des idées de couleur telles que:

Combien de variations de la couleur verte puis-je faire et comment les rendre vivantes?

 

 

 

Vous voyez ces quelques essais… Ai-je épuisé ces idées? J’ai plutôt impression de les avoir à peine abordées… Et donc, à cette nouvelle étape de mon travail, elles me serviront de tremplin vers une autre forme d’expression.

Louise Jalbert, “Feuillages et branches”, 2017, aquarelle sur papier, et autres aquarelles en cours dans l’atelier.

D’un procédé à l’autre

Au cours des dernières années, j’ai travaillé l’aquarelle exclusivement. Cela m’a permis d’approfondir la maîtrise de cette technique que j’avais choisi pour ses qualités de légèreté, de fluidité et de transparence. Comme je cherche maintenant à élargir mon registre pictural, de la fluidité jusqu’à une certaine densité, je dois changer de procédé.

Je vois la technique un peu comme un language. On ne dit pas les choses de la même façon dans une langue que dans une autre. Les mots n’ont pas les mêmes significations, les expressions sont différentes, les sons et les intonations aussi. Passer d’une langue à l’autre, c’est aborder un autre univers. C’est pourquoi aborder une habileté peut être stimulant.

C’est à la gouache que je fais mes esquisses en ce moment. Elle se travaille à l’eau, comme l’aquarelle, mais au contraire de cette dernière, la qualité principale de la gouache est d’être opaque. Cela donne un aspect plus intense aux couleurs, qui peuvent être superposées sans risque de perdre de leur intensité, par exemple des couleurs claires sur des couleurs foncées. Autrement dit, c’est donc plus facile de corriger un erreur!


Voici un exemple de gouache (à gauche) et d’aquarelle (à droite). J’ai utilisé le bleu céruléen dans les deux cas, mais l’effet n’est pas le même. La gouache est très couvrante, avec un fini velouté. On peut revenir avec d’autres couleurs, même plus claires. L’aquarelle est plus subtile, et chaque couche de couleur s’ajoute à la précédente, ce qui fait qu’on ne peut en mettre plus de deux ou trois sous peine de les voir se ternir.

La gouache me permet donc de faire des essais rapides pour élaborer mes idées avant de les transposer sur une plus grande échelle. Dans l’esquisse ci-dessus, j’étudie différentes possibilités de couleur, telles que l’arbre rouge contre le ciel bleu, ou encore une idée d’espace, par example la végétation en rapport avec la maison en bas à droite. 

 

 

J’ai quand même conservé certaines parties en transparence, pour augmenter le contraste, comme les arbres en mauve, vers le bas, à droite.

L’aspect mat et velouté de la gouache me semble avoir beaucoup de potentiel. Ce qui fait que je vais continuer avec cette technique pour quelque temps encore. 

 

 
  Louise Jalbert, “Arbre rouge sur ciel bleu”, 2017, gouache sur paper, 31 x 22 cm