Une bonne semaine

La semaine dernière a été sous le signe de la rencontre et de l’aboutissement. La collectionneuse est revenue et a choisit 3 aquarelles, qu’elle veut offrir lors d’un prochain voyage dans son pays. J’ai également livré un petit dessin vendu en juillet, qui se retrouvera en très bonne compagnie.

Vendre mon travail est un échange qui crée une relation et j’apprécie cette interaction. Le travail que j’ai fait dans l’intimité de l’atelier acquiert une autre dimension en étant accroché sur les murs du collectionneur car il stimule maintenant un autre regard. C’est une autre histoire qui commence.Au cours des trois dernières semaines, j’ai fait de nouvelles aquarelles et complété certaines qui étaient en attente.

 

Elles sont maintenant photographiées, et disponibles pour une future exposition. C’est un bon moment pour imaginer la suite.

Cette suite, je la vois en espace et en couleur, mais à une autre échelle. Voilà qui occupera encore plusieurs, plusieurs semaines. C’est donc à suivre…

 
Louise Jalbert, “Petite branche et feuillage, no 2, no 1 et no 3”, 2018, Aquarelle sur papier 14 x 19 cm. No 2 et 3 vendues.

Dehors, dedans

Avec les esquisses que je fais dehors, je me “réchauffe”, comme on fait avec nos muscles avant l’effort physique. Ça demande un certain tonus, vu les changements de lumière, de température, d’endroit, etc. Sans compter que je rentre et sort sans cesse, poussée par la pluie et le beau temps. Mais j’aime bouger, ça me dynamise.

C’est une bonne pratique de flexibilité; et comme mon pinceau devient alerte, j’en profite pour reprendre quelques aquarelles que j’avais laissées en plan à l’automne. D’ici une semaine ou deux, elles seront terminées. Je pourrai ensuite les photographier et ajouter ces nouvelles images à mon site.

Encore un peu de temps, et il faudra déjà rentrer, pour passer à un travail plus intérieur.
Mais j’anticipe. Maintenant, c’est encore l’été, et j’ai amplement de quoi m’activer dehors.

Louise Jalbert, “Aquarelles sur papier”, 2017-2018, 19 x 27 cm, 28 x 30 cm, Carnet aquarelle Moleskin, 21 x 58 cm

Voilà déjà un an

…que cette info-lettre a vu le jour, j’en suis toute étonnée mais surtout reconnaissante.

Bien que pour vous, lecteurs francophones, l’aventure ait débuté un peu plus tard, tout a commencé un jour en juillet avec ce dessin et l’envie de vous apporter un moment hebdomadaire de plaisir.

Ce partage s’est avéré mutuellement enrichissant, nourri de votre disponibilité à suivre le cheminement et les réflexions d’une artiste…pas toujours en ligne droite.

Du fond du coeur je vous remercie pour votre présence. et vos généreux commentaires. Une merci tout spécial à Guillaume Sanfaçon, conseiller et webmestre irremplaçable.

Louise Jalbert, “Le cerisier en été”, 2017, crayon feutre sur papier, 12 x 20 cm.

Ça avance bien

Côté technique, ça prend forme. Quelques essais, un peu de recherche sur internet, deux ou trois fois au magasin de matériel artistique pour comparer et acheter les produits, et me voilà à jour avec l’acrylique.

Ce n’est pas la première fois que j’utilise l’acrylique, mais ça faisait un moment et il fait se refaire la main.

https://louisejalbert.com/oeuvres/orange-et-sortilleges/#/i/1

C’est une technique finalement assez simple et surtout très polyvalente, qui peut passer d’un effet très dilué à des matières en épaisseurs, sans souci que ça craque.

Sur la petite toile ci-dessus, j’ai commencé plutôt dilué pour voir les couleurs et les transparences.

Les pigments ne donnent pas toujours les mêmes résultats d’une technique à l’autre, il faut donc s’ajuster. Par exemple le vert bleu ci-dessus est obtenu avec un vert Phtalo dilué avec du médium acrylique. En aquarelle, je le fais avec le Viridien et de l’eau, à l’huile aussi, c’est un Viridien, mais avec un solvant.

D’ici, je commence à voir ce que je pourrai faire comme taches, matières et couleurs.
Ça avance bien.

 

L’acrylique, ça colle!
Reflexe à reprendre: laver pinceaux et assiettes immédiatement après usage sous peine de les perdre, car le liant polymer à la base des couleurs est un puissant adhérent.

 

 

 

Louise Jalbert, ” Feuillage en été” , 2018, acrylique sur toile, 40 x 50 cm

Choisir

La semaine dernière, j’ai repris une toile à l’huile commencée il y a quelques semaines….et je me suis heurtée à un mur.

Toute une journée de travail pour aboutir à un résultat décevant… ça fait partie du métier. Mais comme c’était ma troisième tentative échouée ce printemps, une réflexion s’imposait.

Tout me semblait lourd: le processus, la technique, même la peinture sur le pinceau… Pourtant, j’aime l’intensité et la sensualité des couleurs à l’huile; j’avais envie d’y revenir, me donnant le défi d’améliorer ma technique. Mais ce qui se passait n’était pas qu’une question de technique.

L’essence de ce que je veux exprimer maintenant, c’est quelque chose de vibrant, léger, fluide, et transparent.

J’ai fais mes études en peignant à l’huile, j’y suis attachée, et j’ai tellement admiré la peinture des grands maîtres dans l’histoire de la peinture occidentale que je crois bien avoir conclu plus ou moins consciemment que c’est la technique la plus valide.

Vraiment? En 2018? Avec ce que je veux faire maintenant?

Pour être réceptive à ma vision, plutôt intuitive, j’ai besoin d’être rapide et de pouvoir travailler spontanément, facilement. Et ce n’est pas ce qui se passait l’autre jour.

Alors, je choisis d’oublier technique classique et références pour l’instant, pour ouvrir grand la porte à une certaine candeur, en utilisant l’acrylique de la façon la plus libre et audacieuse possible. 

La création, c’est exactement ça, c’est faire des choix, basés non pas sur des habitudes, mais sur une vision

À ce sujet, la meilleure théorie et mise en pratique que je connaisse est celle de Robert Fritz. Que vous soyez artiste ou non, maîtriser les principe du processus de création ne peut que vous aider à créer, que ce soit un tableau ou votre vie. (En anglais seulement).
https://www.robertfritz.com/wp/programs/choices/

Louise Jalbert, “Feuillage dans le pommier” 2018, travail en cours, Huile sur toile, 76 x 76 cm
“Feuillage, essai”, et “Eau. essai technique”, 2018, Acrylique sur papier canevas, 40 x 50 cm

Le vent

Si vous étiez une force de la nature, laquelle seriez-vous?

Cette question m’a été posée récemment, et elle continue de résonner en moi, stimulant mon imaginaire.

Aujourd’hui, je serais le vent.

Le vent crée du mouvement, il fait bouger les choses. Il guide la trajectoire des oiseaux; il distribue les semences, fertilisant la terre.

C’est le vent qui chasse les nuages et permet au soleil de revenir enfin, et qui les ramène pour que nous ayons de la pluie.

Dans l’atelier aussi, il y a du mouvement: un air frais se fait sentir alors que je circule d’une idée à l’autre, d’une oeuvre récente à une autre plus ancienne.

Le tableau ci-dessus était resté en ébauche. Je l’ai repris cette semaine avec un regard neuf. Il n’est pas encore achevé, mais je pense bien lui avoir redonné un nouveau souffle.

Er vous? Si vous étiez une force de la nature, laquelle seriez-vous?

Louise Jalbert, “Feuillage dans le pommier”, Travail en cours, 2013-2018, Huile sur toile, 76 x 76 cm

C’est un peu échevelé, ça commence bien.

J’ai mis de côté les gouaches d’hiver et je veux maintenant travailler plus grand. L’esquisse à l’huile ci-dessus est un peu échevelée; je cherche de nouvelles formes d’expression, et je n’y suis pas encore.

Avec le beau temps qui s’en vient, je vais reprendre l’aquarelle et ma vision de la nature comme une grande tapisserie. Vision que j’aimerais aussi transposer en grand format.

Alors je fais des essais à l’huile et à l’acrylique pour voir laquelle de ces techniques me servira le mieux.

Nulle technique n’est plus sensuelle que la peinture à l’huile à mon avis: la matière est moelleuse, les couleurs intenses. J’utilise une grande plaque de verre comme palette: c’est idéal pour mélanger les couleurs et facile à nettoyer. Son odeur m’enivre comme un parfum… intoxiquant!

Le processus de la peinture est toujours une aventure, qui se fait pas à pas sans toujours savoir quel sera le résultat. Mais il y a toujours une avancée.

 

Et c’est à suivre!

 

Louise Jalbert, “Branches”, étude, 2018, Huile sur toile, 63 x 80 cm

Épilogue

Je vais mettre de côté le travail fait cet hiver. Le printemps s’annonce, et ce que j’ai sous les yeux depuis ces derniers mois sera bientôt tout à fait transformé.

Croyez le ou non, mais j’aimerais continuer à faire des esquisses d’hiver. Non que je n’ai pas hâte de sentir enfin les rayons chauds du soleil, bien au contraire. Mais les couleurs et les espaces que j’ai étudiés commencent à faire leur chemin en moi et me donnent envie d’aller plus loin.

Cela me donne de quoi bien démarrer le travail en décembre prochain.
Mais avant de tout ranger, je vais faire le point sur ce que j’ai appris ces derniers mois.

Ma démarche en peinture est assez spontanée: je procède de façon plutôt intuitive à partie d’une accumulation et d’une imprégnation de la mémoire qui se fait par ce travail d’observation. Ensuite, je prends un recul et me questionne, par exemple:

Qu’est-ce que je veux exprimer à partir de ce sujet?
Qu’est-ce que je veux développer de ces esquisses, et comment?

Voilà de quoi écrire l’épilogue de ce premier chapitre en hiver et peut-être même, qui sait, la préface de la prochaine saison.

Louise Jalbert,  “Ombre bleue”,  2018,  Gouache sur papier, 27 x 38 cm