Parle-moi d’amour

est un évènement bien connu de la communauté artistique de Montréal, auquel je serai heureuse de participer en février 2019 avec cette aquarelle, Orange au mois d’août.
Le titre de l’évènement est sans doute inspiré de la chanson Parlez-moi d’amour, qui évoque la douceur des mots tendres et apaisants pour un coeur meurtri quand la vie lui est amère.

C’est une réalité hélas trop fréquente pour les personnes aux prises avec des troubles de santé mentale, ainsi que pour leurs proches. L’organisme Les Impatients s’est donné comme mission de leur venir en aide grâce à des activités d’expression artistiques.

Avec l’exposition-encan Parle-moi d’amour, les oeuvres des participants aux ateliers sont présentées de concert avec les celles d’artistes professionnels, une source de fierté pour tous les participants.

Je vous invite à venir parler un peu d’amour à ceux qui en ont grandement besoin. C’est une chance de voir les réalisations des impatients et d’acquérir une oeuvre d’art à prix concurrentiel.

 

Parle-moi d’amour: du 13 février au 27 février 2019
Vernissage le vendredi 15 février
Atrium de l’espace Wilder
1435, rue de Bleury, H3A 2H7
Louise Jalbert, “Orange en août”, 2017, Aquarelle sur papier, 28 x 37 cm, encadré
Photo Guy L’Heureux

Devant un tableau de Joan Mitchell

Dans cette deuxième partie, je poursuis la série de photos prises lors de l’exposition “Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure”, avec les tableaux de Joan Mitchell.

Devant un tableau de Joan Mitchell, on peut ressentir une énergie brute, passionnée, furieuse même, qui cohabite avec une grande finesse, voir un lyrisme qui ne se détecte pas du premier coup d’oeil. Au-delà de l’expression d’un paysage, j’y vois le jaillissement d’un état d’âme tumultueux, à la fois tendre et déchiré, qui s’exprime vivement, mais non sans nuances.

Comme l’a justement remarqué une amie, le dynamisme dans le tableau ci-dessus est d’une telle force, qu’il offre un contraste frappant avec la position immobile et l’attitude attentive de la personne qui le regarde.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Mitchell
http://joanmitchellfoundation.org

 

Dans le détail de l’oeuvre ci-contre, on peut voir les forces en jeu dans l’oeuvre de Mitchell: couleurs délicates utilisées en transparences, suggérant une profondeur immatérielle, mises en opposition avec une utilisation gestuelle véhémente de la pâte picturale qui nous ramène à sa matérialité.

 

Mitchell utilise le blanc de la toile pour faire vibrer des espaces colorés qui vont de la fine couche transparente à la l’utilisation en épaisseur de la peinture à l’huile.
Ci-dessus, les silhouettes des jeunes filles semblent compléter la série de taches sombres du tableau qu’elles regardent.    

 

 

Je ne peux conclure sans mentionner cette dernière oeuvre de Jean-Paul Riopelle, véritable testament artistique qui les réunit tous les deux.

En novembre 1992, apprenant le décès de Joan Mitchell, Riopelle exécuta “L’hommage à Rosa Luxembourg”, vibrante fresque de 30 tableaux maintenant accrochée dans le corridor qui relie le musée national des beaux-arts de Québec au pavillon Pierre Lassonde où se tenait l’exposition.

https://www.mnbaq.org/exposition/jean-paul-riopelle-1213

Les photos ont été prises lors de l’exposition “Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure”, qui a eu lieu au musée national des Beaux-Arts de Québec, du 12 octobre 2017 au 7 janvier 2018.
Cette exposition était la première à étudier la relation de couple et de collègues entre Mitchell et Riopelle, et l’influence de celle-ci sur leurs oeuvres respectives.
https://www.mnbaq.org/exposition/mitchell-riopelle-1252
Photo principale: Dame en rouge devant : “Un jardin pour Audrey”, 1974, Huile sur toile, dyptique, Fondation Joan Mitchell
Photo 2: Joan Mitchell, Sans titre (détail), 1961, Huile sur toile, Joan Mitchell Foundation, New York
Photo 3: Visiteurs devant : Jean-Paul Riopelle, Hommage à Rosa Luxembourg, 1992. Acrylique et peinture en aérosol sur toile, 155 x 1 424 cm (1er élément); 155 x 1 247 cm (2e élément); 155 x 1 368 cm (3e élément), Coll. MNBAQ. Don de l’artiste. 
Photos: Louise Jalbert

Muses dans les musées: Exposition Mitchell/Riopelle, 1ere partie

Muses dans les musées est une série de photos prises dans les musées où je croque sur le vif les visiteurs, dans leur relation avec les oeuvres d’art. Dans cette première partie, les gens observent les oeuvres de Jean-Paul Riopelle.

https://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Riopelle

 

 

Je m’intéresse à leur attitude, presqu’immobile, souvent studieuse ou contemplative face à l’oeuvre qu’ils regardent. Un moment où le temps semble suspendu.

Mais le temps ne reste pas suspendu longtemps et je trouve passionnant de capter dans la rapidité de l’instant une composition qui se fait et se défait sous mes yeux. Que ce soit un rapport de couleur…

 

 

 

 

 

 

…ou un rapport de surfaces, comme ici celles des manteaux et des chevelures sombres qui contrastent avec la gestualité et la matière de la peinture.

 

 

 

 

 

 

Parfois, les gens ont l’air de sortir tout droit du tableau: les vêtements noirs du visiteur donnent l’impression de s’y fondre ou d’en être la continuation, comme une métaphore de sa contemplation.

 

 

 

 

Les photos ont été prises lors de l’exposition “Mitchell-Riopelle, un couple dans la démesure”, qui a eu lieu au musée national des Beaux-Arts de Québec, du 12 octobre 2017 au 7 janvier 2018.
Cette exposition était la première à étudier la relation de couple et de collègues entre Mitchell et Riopelle, et l’influence de celle-ci sur leurs oeuvres respectives.

https://www.mnbaq.org/exposition/mitchell-riopelle-1252

Sur mesure

Dimanche, je suis allée visiter l’exposition de Nathalie Vanderveken à la Maison de la culture Villebon, située à Beloeil. J’avais rencontré Nathalie il y a quelques années, quand nous participions toutes les deux à un organisme pour artistes de la relève, Agrégat.
Originaire de Trois-Rivières, Nathalie a complété une maîtrise en arts visuels à l’Université Laval, ainsi que deux résidences en estampes, développant une démarche autour du vêtement, ainsi qu’un intérêt pour le travail sur papier.

L’exposition s’intitule “Sur Mesure”, parce que l’artiste puise son inspiration dans les patrons de couture.
Mais il y a plus…
D’abord, elle les déplie, puis les observe. Cet univers de papier fragile, avec ses lignes pointillées, ses tracés, ses flèches et ses directives, est fait pour confectionner un vêtement. Nathalie par contre, y voit un monde de possibilités formelles, qu’elle s’empresse de déjouer, d’où l’ironie du titre.

À partir de l’idée du patron-mode d’emploi, elle détourne la fonction de celui-ci en déconstruisant les volumes pour créer un assemblage hors normes de formes et de matières. Ces sculptures à l’aspect vestimentaires ne se conforment à aucune anatomie. Elles évoquent sans la définir la présence d’un corps improbable, comme si elles s’étaient développées selon d’autres impératifs. Le travail sensible et juste de la matière apporte un contraste de souplesse et de mouvement qui donne vie à ces constructions.

Sur mesure devient au fur et à mesure. Au patron servant de point de départ, les oeuvres répondent par une exploration des multiples possibilités d’invention.
J’ai particulièrement apprécié l’aspect dynamisant qu’elles offrent à notre perception. Le regard est interpelé par ces dessins et ces formes construites sans contraintes, avec un sens de la démesure qui est ludique, voire contagieux!

Nathalie Vanderveken, “Tricolore”, Mousse de polyuréthane, similicuir, papier Kraft, carton ondulé, feutre, crayons de bois et bâton de bois.