Contrepoint

Un fil qui court en direction opposée des autres, enlaçant leurs fibres en un tissage uniforme.
Une voix qui chante sur un autre registre, amplifiant les autres voix.
Une intention qui donne le ton pour cette prochaine année à vivre.

Lisez cette pensée offerte par le moine Mathieu Ricard

Quel courant portera mes pensées et mes gestes cette année?
Créer de la beauté et de l’harmonie.
Tous les jours, dans l’atelier et dans ma vie. Ça peut être aussi simple qu’un sourire.

Voilà le fil conducteur: il n’y a plus qu’à le suivre.

Louise Jalbert, Contrepoint, acrylique et collage sur papier, 2002, 55 x 75 cm

Quand tombe la neige,

…on s’arrête spontanément pour la regarder, ne serait-ce que quelques secondes. Sous nos yeux, les flocons dansent en silence et viennent se déposer tout en douceur. C’est comme un miracle. Pour un instant, notre attention est entière, suspendue et béate.

Que votre temps des Fêtes soit aussi doux et léger, lui aussi suspendu dans le temps, et que votre attention puisse se poser sur vous-même et ceux qui vous entourent.

Merci de votre présence sur cette page. Vos généreux commentaires m’inspirent à vous apporter chaque semaine un peu plus, un peu mieux…

Meilleurs Voeux pour un Joyeux Noël!

Au plaisir de vous retrouver le 2 janvier prochain.

Louise Jalbert, « La neige qui tombe », 2018, Gouache sur papier, 23 x 30 cm

Tapisserie d’écorces en aquarelle

Dans le cadre de mon exposition solo Le nez dans l’herbe, au printemps 2017, j’ai assemblé sur un mur un groupe de peintures d’écorce.

J’avais alors développé cette série d’études d’écorce à l’aquarelle, tout comme des études d’herbe, de feuillage et d’eau. Chacun de ces thèmes me fascinait et m’inspire toujours, par l’infinie variété de rythmes et de couleurs qui les animent.

La subtilité et la sobriété des tons sur les écorces se révèle encore mieux à grande échelle. Comme le propos de ces oeuvres est de mettre le visiteur en contact avec l’aspect sensoriel de la nature, j’ai voulu en tapisser tout un mur afin de favoriser cette sensation.

 

 

Une étape de la réalisation de ces aquarelles, au moment où je composais l’ensemble dans mon atelier.

 

 

 

 

 

 

J’étais contente du résultat (sourire à l’appui)
Cette expérience fut une étape importante dans la recherche que je poursuis toujours vers une expression évocatrice et sensorielle de la nature.

 
Louise Jalbert, « Tapisserie d’écorces », 2018, Aquarelle sur papier, 167 x 303 cm

Écorce et dénuement

De temps en temps, j’aime revenir à une impression de dépouillement, mettant de côté le superflu, et tout le fatras de nos vies complexes et agitées. Le dénuement de la nature en hiver m’y incite, comme un ami qui aurait choisit une vie monastique.

Pour je ne sais quelle raison, l’écorce des arbres me donne cette impression de grande simplicité. Peut-être parce que c’est le seul ornement qui reste aux arbres une fois les feuilles tombées, ou serait-ce plutôt la palette tout en retenue des tons bruns et gris?

Pourtant, en observant de plus près un seul pan d’écorce, je vois tout un monde: élaboré dans sa matière, riche en textures, et de nuances variées. Sobre, certainement. Mais aussi accidenté, rude, protecteur et si discrètement séduisant.

À bien y regarder, la très humble écorce est une invitation à bien voir.

Louise Jalbert, Grande écorce no 7, 2017, aquarelle, 55 x 75 cm

Un beau projet

J’ai reçu une commande cette semaine. Il s’agit de faire une oeuvre qui sera accrochée dans la chambre à coucher d’un jeune couple d’architectes montréalais. Leur proposition est très ouverte, avec comme seule directive de donner une impression d’être dans le feuillage, assez proche des aquarelles de ma récente série Le nez dans l’herbe.

Le format peut varier: comme l’oeuvre sera accrochée au-dessus de leur lit, j’ai tenté un format horizontal dans cette première esquisse ci-dessus. C’est une idée parmi d’autres que je développerai dans les prochaines semaines.

J’apprécie la confiance qu’ils me témoignent, d’autant plus que je suis en période de recherche actuellement. Cela signifie que même si j’ai une vision qui me guide, il y a encore beaucoup d’inconnu et je ne sais pas encore ce qui en résultera. La création, à mon sens, c’est ça: j’avance à partir d’une idée avec des moyens qui se définissent au fur et à mesure du processus. Je fais des essais, des erreurs, des modifications; ce tâtonnement permet de déboucher sur un résultat souvent inattendu, mais pertinent.

De façon consciente ou non, chacun de nous est continuellement en train de créer quelque chose, que ce soit une pensée, une habitude, un repas, un projet, une relation ou une carrière. A chaque moment de notre vie, nous avons le choix de ce que nous créons et comment. Je fais ce projet qui, je le souhaite, réjouira mes clients et me fera évoluer dans mon art. Et vous, qu’êtes-vous en train de créer maintenant?

Louise Jalbert, « Jamais la fin d’été », 2018, Gouache sur papier, 35 x 86 cm

Octobre en novembre

Octobre est un mois d’intenses études de couleur. Je n’arrive jamais à saisir tout ce que je vois – il y a une telle abondance – mais chaque année apporte sa récolte.

Dans la nature comme dans la vie, nous savons que tout est en perpétuel changement, mais ce n’est pas toujours observable au quotidien. Le jaune vert un peu acide du feuillage printanier se transforme au cours de l’été en différentes nuances de vert: cela se fait de façon si graduelle que nous le remarquons à peine.

C’est une toute autre histoire en octobre, où chaque jour est un festival de couleurs éphémères, en évidente métamorphose.

Comme je travaille dans un assez grand format pour des esquisses, j’ai du procéder rapidement, passant de l’une à l’autre le temps de capter un effet fugace. Et maintenant, pendant que tout est encore frais dans ma mémoire, j’y reviens. Ce faisant, j’avance vers une autre étape de ma peinture, mais cela non plus, ce n’est pas encore perceptible.

Louise Jalbert, « Le cerisier en octobre », 2018, Gouache sur papier, 75 x 55 cm

Parle-moi d’amour

est un évènement bien connu de la communauté artistique de Montréal, auquel je serai heureuse de participer en février 2019 avec cette aquarelle, Orange au mois d’août.
Le titre de l’évènement est sans doute inspiré de la chanson Parlez-moi d’amour, qui évoque la douceur des mots tendres et apaisants pour un coeur meurtri quand la vie lui est amère.

C’est une réalité hélas trop fréquente pour les personnes aux prises avec des troubles de santé mentale, ainsi que pour leurs proches. L’organisme Les Impatients s’est donné comme mission de leur venir en aide grâce à des activités d’expression artistiques.

Avec l’exposition-encan Parle-moi d’amour, les oeuvres des participants aux ateliers sont présentées de concert avec les celles d’artistes professionnels, une source de fierté pour tous les participants.

Je vous invite à venir parler un peu d’amour à ceux qui en ont grandement besoin. C’est une chance de voir les réalisations des impatients et d’acquérir une oeuvre d’art à prix concurrentiel.

 

Parle-moi d’amour: du 13 février au 27 février 2019
Vernissage le vendredi 15 février
Atrium de l’espace Wilder
1435, rue de Bleury, H3A 2H7
Louise Jalbert, « Orange en août », 2017, Aquarelle sur papier, 28 x 37 cm, encadré
Photo Guy L’Heureux

Parfums

Le kaléidoscope de couleurs qui illuminait les arbres s’est maintenant déposé au sol, tapissant les rues et les parterres de nuances d’orange passé.
Avec ce dernier acte joué par les feuilles, c’est tout un cycle de vie qui s’achève à nos pieds. Je vois de l’élégance et de la grâce dans cette beauté aérienne qui se dépouille en un si somptueux abandon.

En se desséchant, les feuilles apportent un effet de légèreté et de bruissement sur l’asphalte. Sous mes pas, elles exhalent un parfum d’humus, remuant des souvenirs d’enfant qui joue dehors dans l’air vif de l’automne.

Et dans ce qui est familier peut se révéler une part de grandeur et de mystère.

Photo : Louise Jalbert, 2018

Octobre

Comme je m’inspire beaucoup de la nature, celle que j’ai sous les yeux au quotidien, il y a des moments dans l’année qui sont particulièrement stimulants, voire exaltants. Notre beau mois d’octobre en est un.

En quelques courtes semaines, de fin septembre à début novembre, ici au Québec, les couleurs des végétaux changent progressivement à chaque jour, déployant un éventail de couleurs tantôt éblouissantes, tantôt richement nuancées. Tout comme les écureuils qui se hâtent d’accumuler des provisions avant l’hiver, je me dépêche d’engranger autant d’études que possible de ces nombreuses harmonies.

Ce qui m’amène à travailler de façon beaucoup plus rapide; cela donne un effet plus relâché, moins fouillé. Bien que je voie ce qui pourrait être approfondi dans la gouache ci-haut, j’aime l’effet indéfini et énergique qui s’en dégage.

Dans mon désir d’exprimer ce que je perçois d’intangible dans la nature, cette qualité sera intéressante à explorer dans mes prochains essais. Avec ces grandes gouaches réalisées prestement, je définis peu à peu où je m’en vais, une étape à la fois.

Louise Jalbert, « Le lilas en octobre », 2018, Gouache sur papier, 75 x 55 cm