Un rêve

Il m’arrive de rêver de couleurs, souvent celles que j’ai peintes pendant la journée et qui continuent de faire leur chemin dans mon esprit.

En général, ces rêves sont agréables, mais s’évaporent assez vite. Cette fois-ci, l’image était très claire, et le contexte aussi. Je ne baignais pas dans les couleurs que j’utilise en ce moment, et je me suis observé dans le geste de peindre.

Alors j’ai eu envie de faire ce tableau, aussi fidèlement que possible. Le résultat est étonnant; d’abord parce qu’il est très proche de mon rêve, et aussi, parce que tout en le faisant, il me venait d’autres images en lien avec celle-ci.

La première est l’oeuvre d’une artiste américaine, Lynette Lombard, dont j’avais vu quelques oeuvres lors d’une visite das les galeries de New York, l’an dernier. Voici un exemple de sa série “Night Paintings”

Et la 2ème, encore plus évidente à mes yeux, est celle des Nymphéas de Monet, que je suis allée revoir à Paris, en septembre de l’an dernier. Il ne s’agit pas ici de faire de comparaison, mais de reconnaître une influence plus ou moins consciente, et qui s’exerce depuis mes études au Cégep en histoire de l’art, où j’ai découvert l’art des impressionnistes.

Il y a beaucoup dans l’oeuvre de Monet qui me touche et me stimule: son intérêt pour le paysage, son étude de la couleur et de la lumière, et surtout ces magnifiques Nymphéas, qui occupèrent les derniers vingt ans de sa vie, dont la dimension même nous fait entrer dans la couleur et le geste de peindre. Son exemple est certainement inspirant, je dirais édifiant, à ce moment où je cherche à élargir l’envergure de mon travail.

Louise Jalbert, “Rêve en bleu”, 2018, Gouache sur papier, 55x 75 cm

Couleur et espace

En terminant ma série d’aquarelles, j’ai mentionné que je voulais poursuivre mon travail sur l’espace et la couleur, mais à plus grande échelle. À plus grand échelle signifie en plus grand format, mais ça peut aussi vouloir dire peindre plus largement, ou plus simplement. Comme mon travail se développe de façon assez intuitive, c’est en faisant que je vais trouver.

J’ai commencé avec quelques gouaches sur papier dont celle-ci, qui est le format maximum de mes aquarelles, soit 55 x 75 cm. J’y vais progressivement, parce que mes compositions sont assez complexes, et que je passe d’une technique à l’autre. Je reprends la gouache dont l’effet est proche de l’acrylique que j’utiliserai sur toile, en format 76 x 91 cm ou 91 x 121 cm, par exemple. Rien de monumental, mais suffisant pour changer mes récentes habitudes visuelles et manuelles.

Le rythme aussi se modifie; je suis plus lente pendant que j’explore d’autres façons de faire. Je n’ai pas la même dextérité et c’est parfait, le temps, les difficultés me font faire une réflexion sur mes intentions dans ce désir d’expansion et d’approfondissement. Ce questionnement fondamental est toujours présent, mais dans une période de transition, il reprend toute sa pertinence.

 

 

Je profite des derniers jours d’été
pour travailler dehors et affiner ma perception des couleurs et de l’espace.

 
Louise Jalbert, “Arbustes au couchant”, 2018, Gouache sur papier, 56 x 76 cm

Encore de l’herbe

“Vert, c’est la couleur de la jeunesse; elle déborde d’une énergie printanière. C’est la couleur de la terre florissante. Le vert n’est pas statique mais plein de l’énergie et de l’impulsion de la croissance, impatient, pressé dans sa course vers la lumière. La gravité ne peut le retenir, l’appel de la lumière se faisant toujours plus impératif. Vert, c’est la couleur du désir incessant. Même sous la terre, étouffée par l’asphalte ou le macadam, la lame verte surgira. Car rien ne peut retenir l’herbe de pousser.”

John O’Donohue,
Beauty, The Invisible Embrace, Harper Perennial, 2004, p.105
Traduction Louise Jalbert

Louise Jalbert, “Herbe avec rose et orange” 2015, Aquarelle sur papier, 22 x 29 cm

Une bonne semaine

La semaine dernière a été sous le signe de la rencontre et de l’aboutissement. La collectionneuse est revenue et a choisit 3 aquarelles, qu’elle veut offrir lors d’un prochain voyage dans son pays. J’ai également livré un petit dessin vendu en juillet, qui se retrouvera en très bonne compagnie.

Vendre mon travail est un échange qui crée une relation et j’apprécie cette interaction. Le travail que j’ai fait dans l’intimité de l’atelier acquiert une autre dimension en étant accroché sur les murs du collectionneur car il stimule maintenant un autre regard. C’est une autre histoire qui commence.Au cours des trois dernières semaines, j’ai fait de nouvelles aquarelles et complété certaines qui étaient en attente.

 

Elles sont maintenant photographiées, et disponibles pour une future exposition. C’est un bon moment pour imaginer la suite.

Cette suite, je la vois en espace et en couleur, mais à une autre échelle. Voilà qui occupera encore plusieurs, plusieurs semaines. C’est donc à suivre…

 
Louise Jalbert, “Petite branche et feuillage, no 2, no 1 et no 3”, 2018, Aquarelle sur papier 14 x 19 cm. No 2 et 3 vendues.