Changement de décor

La neige est arrivée.
Une grosse bordée, pas juste quelques flocons, mais le gros tapis blanc qu’il faut pelleter et qui rend tout silencieux. Ça y est, on est vraiment en hiver.

C’est blanc, il y a beaucoup de blanc.

Après cette apothéose qu’est notre automne québécois, je m’Inquiète toujours à l’idée de perdre la couleur en hiver. Et il est vrai que la gamme devient beaucoup plus étroite: blanc, gris, brun, un peu de bleu…

Certains soirs, il y a le rose comme dans la chanson de Félix Leclerc….
https://www.youtube.com/watch?v=Bu8M1fgiFYo

Et certains jours, les petits flocons scintillent sous le soleil. Ça, c’est magique.

Ça me rappelle un Noël où j’avais reçu un ensemble de peinture en petits godets de plastique attachés les uns aux autres. Il y avait un godet de peinture or et un de peinture argent, dans lesquels il y avait des “brillants”. C’était très nouveau, à l’époque, et j’étais éblouie.

Avec le temps, j’ai découvert d’autres charmes à l’hiver, plus discrets. Le cadeau maintenant, c’est l’exemple de sobriété et de nuances que ces mois d’hiver offrent à mes yeux. Je m’exerce à voir plus finement, avec plus de subtilité.

Et la magie continue d’agir, en regardant, et en peignant.

Je vous souhaite de Belles Fêtes, scintillantes et chaleureuses,
Que 2018 vous apporte la Santé, la Paix et beaucoup de Joie!

Louise Jalbert, Neige en bleu et arbustes, 2017, Aquarelle et gouache sur papier, 10 x 17 cm

En regardant

“On peut observer beaucoup de choses juste en regardant”

Yogi Berra était un joueur de baseball qui avait aussi un talent pour ce genre d’aphorismes. Ce qu’il dit semble si simple et évident. Et en fait, ça l’est.
Observer et peindre, regarder et peindre, c’est ce que je fais.

http://www.lemonde.fr/sports-us/article/2015/09/23/la-legende-du-baseball-yogi-berra-est-mort-a-l-age-de-90-ans_4768650_1616670.html

Ce que j’observe ne se laisse pas facilement saisir, et surtout pas de façon littérale ou photographique. C’est au-delà de ma façon habituelle de voir et de peindre que je vais y arriver.
Alors j’observe et je peins, je peins et j’observe ce que j’ai peint.
C’est simple, pas toujours évident, mais ça marche.

À l’approche des Fêtes, voici une suggestion de lecture ou de cadeau: Le tout dernier roman de Michel Tremblay, Le peintre d’aquarelles,. Marcel, le personne principal, nous parle de peinture, de regarder et de voir, tout autrement. Bonne lecture!

http://www.lemeac.com/catalogue/1673-le-peintre-d-aquarelles.html

Louise Jalbert “Novembre en après-midi, étude # 6”, 2017, Gouache sur papier, 28 x 41 cm

Un pas après l’autre

Voilà plus de deux semaines que je travaille différentes versions de cette image.
Je voudrais capter une vision fugace, une lueur d’éternité aperçue en cuisinant mon diner, un jour de novembre.
Ce que je veux peindre est au-delà de ce que je vois.

Mais il passe par là. Et dans mon effort pour le saisir, je reste prise dans les branches, les arbustes, la lumière. Obstinée, je jongle avec les couleurs, la composition, et les coups de pinceau.

Cela m’échappe encore.

Mais je sais qu’il y a un processus en cours, et qu’il a ses exigences. Quand j’aurai fait suffisamment d’etudes pour passer outre à la représentation détaillée, je vais oublier la technique et ma main va enfin faire ce que bon lui semble. Alors, j’arriverai à garder l’équilibre entre attention et abandon et l’image pourra enfin respirer.
J’allais dire: danser.

J’aime danser et je vois les ressemblances entre ces deux disciplines.
D’abord, on réchauffe les muscles. Ensuite on apprend les mouvements jusqu’à ce que le corps les éxécute sans réfléchir, et enfin, on bouge avec la musique. C’est alors qu’on peut exprimer quelque chose.

 

Un premier croquis
Plus libre que l’étude de gouache ci-dessus, il est proche de ce que je veux faire. Dessiner en noir et blanc me permet de cerner rapidement l’essentiel de mon idée.

 

Dans l’atelier en ce moment, je marche sur mes propres orteils.
J’espère danser bientôt.

Louise Jalbert, “Novembre en après-midi, étude #5”, 2017, Gouache sur papier, 32 x 38 cm.  
Louise Jalbert, “Novembre en après-midi”, 2017, croquis, carton feutre sur papier, 7 x 9 cm